Voyage dans le Foutah : la cérémonie de mariage dans la communauté peulh

Voyage dans le Foutah : la cérémonie de mariage dans la communauté peulh

La Guinée est un pays riche de fortes valeurs traditionnelles ancestrales. Les diverses ethnies qui la compose ont chacune leur manière de célébrer des cérémonies selon leurs traditions et mœurs.

Dans la communauté peulh, la célébration du mariage est caractérisée par le respect de la religion musulmane et de la tradition.

De Mamou à Labé en passant par Dalaba et Pita, pour épouser une femme peulh, le respect de la hiérarchie est primordial et cela se fait avec des protocoles à suivre à la lettre.

Tout d’abord l’homme (le futur époux) après avoir vu son âme-sœur doit envoyer ses parents pour demander la main en mariage de la fille auprès de son père. Le père de la future épouse à son tour doit demander à la famille de l’homme de garder patience, le temps pour lui de consulter toute la famille et surtout le plus âgé pour savoir quelle réponse donner à la requête de mariage.
Après consultation au sein de la famille de la future mariée et obtention de l’approbation, l’homme et sa famille, notamment son père, sont conviés de manière formelle (présentation des colas de salutation) devant toute la famille de la fille. A cette occasion le plus âgé prend la parole en commençant par ces mots : « Soyez les bienvenues, nous sommes contents de votre présence et nous acceptons de donner notre fille à votre enfant en mariage ». Mais tout cela s’ils n’ont pas trouvé un autre candidat dans la famille car c’est le plus privilégié.

Après cette étape, les parents du futur époux ont toute la latitude de proposer une date pour célébrer le mariage religieux et voir même civile.

Le jour du mariage et lors de la célébration religieuse, deux personnes sont désignées dans chacune des familles pour faire le rituel notamment la demande en mariage. Cette étape prend environ 30 à 45 minutes soit à la mosquée ou chez les parents de la fille.

Dans un esprit de convivialité et de partage, les femmes, chantent et dansent, entonnant leur fierté de voir leur fils ou fille marié. Un moment de joie et de pleure !

Comme il est de coutume, les femmes se réunissent autour de la nouvelle mariée avec une calebasse qui contient à l’intérieur deux tissus blancs, une paire de chaussure et une natte. Les femmes commencent alors le rituel (djombougol). Une fois que la mariée fait ses ablutions les femmes l’entoure des tissus blancs et lui prodigue des conseils sur comment s’occuper de son mari mais également de sa belle-famille. Cette étape est l’occasion de partager de génération en génération des conseils précieux à la jeune mariée.

Pour montrer la valeur que représente la mariée aux yeux de sa belle-famille, avant qu’elle ne sorte de chez elle, ses amies viennent bloquer la porte. Elles annoncent alors qu’elles ne laisseront pas leur amie quitter chez ses parents tant que la famille de son époux ne donne pas une somme monétaire pour obtenir le passage et pouvoir amener la mariée dans son foyer. Ce rituel est accompagné de chants et de danses traditionnelles.

Selon la tradition, un coup de fusil est ensuite tiré en l’air. Un signe pour tout homme qui portait un intérêt amoureux envers la mariée afin de les informer qu’elle a désormais le cœur pris et est dorénavant sous la responsabilité d’un homme qui veille sur elle. Ce coup de cœur annonciateur est aussi l’occasion pour toutes celles qui étaient intéressées par le marié de savoir qu’il a pris une épouse.. D’autres affirme que le coup de fusil n’est tiré que lorsque la fille est vierge.

Une fois la mariée arrivée chez son mari, elle doit en premier lieu s’accroupir devant un arbre fruitier tenant en main du lait. Elle se fait ensuite entourée d’enfants qui courent autour d’elle avant de prendre un peu de lait et en boire. L’objectif de ce rituel est d’assurer que la nouvelle mariée puisse procréer dans son foyer. Il faut noter que cette étape diffère selon la région.

Aux sons de chants et de danses, les femmes accompagnent la nouvelle-mariée de chez ses parents à chez son mari où sa famille les attends avec divers cadeaux (habits, argent etc.). Entourée de sa famille qui l’accompagne chez son mari la mariée reçoit de ses proches des accessoires de cuisine à utiliser dans sa vie de tous les jours. Lorsque la mariée entre dans la maison de son mari, les femmes de sa famille enlèvent alors les tissus blancs qu’elles lui avaient mis auparavant et lui mettent des habits avec beaucoup de billets d’argent épinglé dessus et lui offre un parapluie couvert d’argent. Ce rituel signifie l’espoir de la richesse future du nouveau foyer.

La communauté peulh malgré l’évolution des mentalités et une mixité avec d’autres ethnies reste attachée à ses traditions et coutumes. Les rituels du mariage démontre particulièrement comment même aujourd’hui les traditions ont perduré et continuent d’être le socle important de la communauté peulh. Tels que les peuhls, plusieurs autres communautés de la Guinée ont gardé leur culture, tradition et mœurs à travers divers rituels et coutumes. C’est cette diversité culturelle et cet attachement aux traditions qui fait de la Guinée un magnifique pays cosmopolite.