Poké, village des vanneries

Poké, village des vanneries

Poké, petite localité sur les hauteurs de Dalaba, est connue pour les vanneries qui s’y produisent. Les « Léfa », pièces circulaires en brins tissés, sont des objets typiques de l’artisanat de la moyenne Guinée. Ces objets de tailles et de motifs variables servent autant à des fins domestiques qu’ornementales.  

Depuis l’artère principale, l'accès au village de vannerie se fait par une forêt à l'ombrage clairsemé. Sans la pancarte en bordure de route, rien ne présage que derrière la forêt se cache un hameau paisible, constitué de quelques habitations en terre cuites.

On entre dans ce petit coin caché par une ouverture étroite, un interstice laissé entre une clôture de branchages et un tronc d’arbre. Cet accès discret, confère à ce hameau une certaine sacralité. 

Des parterres en graviers légèrement surélevés précèdent les maisonnettes en terres cuites. A l’ombrage de ces terrasses, les vanneuses tissent en toute quiétude.

Le bruissement du vent dans les feuilles de bananier, accompagné des chants de coqs accentue cette sensation d’être hors du temps.
En journée, le village est très peu peuplé. Les hommes partent au champ. Après leurs corvées domestiques quotidiennes, trois générations de femmes s’attèlent au tissage. Chez certaines, le lien générationnel se lit dans leur visage aux grands yeux noirs, rieurs.

Voir ces femmes se transmettre un savoir ancestral de mère en fille à quelque chose d’émouvant, et conduit à s’interroger sur les modes d’apprentissages d’un savoir qui malgré tout se perd. Bien qu’agréable, la tranquillité de ce village témoigne de la disparition progressive de cet artisanat.

Qu’en rester a-t-il une fois que les aînées auront disparues ? Pourquoi ces vanneries très répandues autrefois, tendent à disparaître ?

La doyenne du village, à l’esprit encore vif malgré sa quasi centaine d’années, nous raconte que du temps de sa jeunesse, la production battait son plein. Le marché local, les foires artisanales, et les hôtels environnants constituaient leurs fonds de commerce. Aujourd’hui la demande s’est raréfiée et les filles quittent le village pour d’autres horizons.