La pépinière Djouma fleurs, un petit coin de paradis à Dalaba

La pépinière Djouma fleurs, un petit coin de paradis à Dalaba

Djouma est un homme d’une cinquantaine d’années dont le regard vif et rieur témoigne encore de sa jeunesse d’âme. Reconnu pour sa passion des fleurs et sa maîtrise des plantes médicinales, il est devenu au fil des années une ressource incontournable pour l’environnement de Dalaba.  

Ses débuts, hasardeux n’ont pas toujours été faciles. De couturier à Conakry dans les années 90, il est passé commerçant, ceci malgré lui. Ces activités uniquement alimentaires, ne lui procurait pas le besoin de création et de construction qu’il recherchait. Il décida alors de s’installer à Dalaba et d’ouvrir une pépinière sans aucune connaissance végétale. Comme il le dit lui-même, lorsque l’on fait les choses avec amour et que l’on reste optimiste, Dieu nous ouvre les portes. Sur le chemin de la foi et de la persévérance il rencontra ceux qui lui apportèrent le savoir. La sensibilité pour le vivant, et l’amour de la nature il l’a en lui, et cette passion il la partage chaleureusement avec ceux qui viennent à sa rencontre.

Téméraire et audacieux, il était au départ perçu comme un fou dans la localité de Sébori. Il a rencontré des détracteurs mais les a apprivoisés par sa positivité. Sa méthode : offrir des plants et les aider à faire comme lui pour que ceux-ci adoptent sa vision, tout en douceur.  

Sa concession est un véritable laboratoire écologique. Il cuisine et éclaire sa maison avec un bio digesteur. Ses enfants travaillent ardemment à concevoir les ruches les plus respectueuses des abeilles. La ruche Kényane, pensée pour récolter le plus de miel possible tout en assurant la reproduction des abeilles est la dernière expérimentation.

De la première case de Sébori, qui lui sert de cuisine mais restée telle qu’elle, aux plants de caféier, jatropha, avocatiers géants, sa cour est un lieu de curiosité et de découverte.
Il en est de même pour sa petite pépinière intitulée « Djouma fleurs » l'entrée, pourvue d’une petite bicoque en bois recouverte de fleurs d’un rose vif, annonce déjà le petit paradis qu’elle renferme. L'intérieur du jardin est comme si tout était posé là. De facture naturaliste, manguiers, ananas, manioc raisins, rosiers, cannelle, gingembre, et bien d’autres plantes cohabitent en harmonie, même les herbes folles y ont leur place. Dans un coin du jardin un petit étang piscicole est en phase test.

Un homme qui se dit illettré, devant assurer ses arrières et nourrir sa famille par lui-même, soucieux de leur laisser un riche héritage culturel basé sur l’ardeur, l’honnêteté, la curiosité et le soin de la nature. Il est un éloge à la « sobriété heureuse » de Pierre Rabi. Vivez en harmonie avec la nature et elle vous prodigue tout le bien dont un homme a besoin pour vivre.

Djouma a un rêve : que l'on se souvienne de lui pour ce qu'il aura laissé de positif dans ce monde. Et que cette bienveillance continue après sa mort. Pour assurer sa suite il est prêt à travailler avec les jeunes et leur montrer qu'ils n'ont pas besoin d'aller se tuer en mer dans l'espoir de vivre. Avec de la curiosité, de la passion et surtout de la patience, il est possible de trouver le bonheur chez soi. Savoir observer et ne jamais se décourager car nous avons toute la vie pour apprendre.