Kindia, la beauté du terroir guinéen !

Kindia, la beauté du terroir guinéen !

Du 17 au 20 juin 2018, une mission de l’équipe de l’Exposition Universelle de Dubaï a séjourné à Conakry. Le but de cette mission de travail était d’échanger avec nous sur comment mieux représenter la Guinée et sa riche culture à l’Expo. Dans ce but, nous avons organisé une visite de terrain à Kindia.  

Mardi 19 juin. Notre périple a commencé par un rendez-vous matinal à 7h à l’hôtel Sheraton Grand Conakry pour récupérer Katrina et Nicole respectivement membres des sections narration et design de l’équipe de création de contenu de Dubaï Expo 2020.

Après avoir arpenté les paysages verts et collineux qui mènent vers Kindia, ville située à 200 km à l’est de Conakry, nous somme arrivées à l’hôtel Masabi. Un petit lieu d’accueil touristique, servant d’excellente confiture de goyave et de mangue, produites localement par la coopérative Kanya-Nema. Nous avons profité de ce petit déjeuner, à l’ombre du manguier, pour établir notre programme de la journée.  

La première étape fut la visite à la coopérative Kanya-Nema. C’est une unité de production de confiture à base de fruits locaux, et de conditionnement de semoule à base de mil, et du fonio. L’unité comprend aussi des serres de séchage de feuille de patate douces et de manioc. Elle a été fondée par trois femmes, dont l’ambition était de rendre accessible à l‘ensemble du pays des produits de qualité localement produits, et conditionnés dans des conditions hygiéniques. Nous avons pu apprécier la finesse du produit fini, mis en bocal sur place et refermé hermétiquement à l’aide de couvercles importés de France. Katrina et Nicole se sont procuré quelques-unes des confitures pour partager avec leurs amis à Dubaï.

Notre deuxième visite, a été la plus excitante de tout le voyage. Nous sommes allées à la coopérative des teinturières de Guinée.
L’extérieur de l’atelier ne donne aucunement à imaginer l’animation et l’empressement de ces femmes autour de leurs grandes cuves fumantes de teinture. L’accès se fait par une cour, sur laquelle donne un atelier de couture, uniquement composé d’hommes. Dans cet entrepôt en longueur une trentaine d’hommes étaient attelés à leur machines à coudre sur des tissus rivalisant de couleur. Au fond de cet espace, nous avons découvert un fourmillement de femmes de tout âge, aux vêtements colorés de toutes les teintures qu’elles utilisent.

Le travail semble être réparti à la chaîne. Un premier groupe reçoit les tissus de bazins blanc qu’elles ont en charge de tamponner avec de la cire de bougie. Cette méthode consiste à imprimer les motifs qui apparaîtront sur les tissus après teintures. Une fois badigeonnées de wax, les tissus sont trempés dans une préparation chaude. C’est une mixture à base d’écorces, ou de terre selon la coloration voulue, qui à haute température colore l’eau qui servira à teindre les tissus. Nous avons pu rencontrer la fondatrice de cette coopérative qui existe depuis 60 ans. Une femme forte, humble et fière comme la plupart de nos femmes entreprenantes guinéennes. Il faut savoir que les motifs qui ressortent de ces teintures et la technique elle-même est spécifique à la Guinée. Le « kindili » qui doit son nom au fait d’utiliser la bougie, « candle » en anglais, sont des tissus pagnes aux motifs et couleurs variés. La plupart d’entre eux représentent des camaïeux de couleurs dégradées, de vert, de bleu, de rouge orangé. Les plus connu sont des tissus bleu indigo à motifs géométriques. Face à cette diversité de tissu, Katrina et Nicole ont eu du mal à choisir celui qu’elle voudrait emmener.

A la suite de cette découverte, nous nous sommes rendus dans l’atelier du sculpteur Kaba. Kaba est un sculpteur d’une soixantaine d’année qui emploie une dizaine d’artisan. Là encore nous fumes toutes admiratives de voir comment de simples morceaux de bois se transforment en œuvre d’art. A notre grande surprise, les sculptures se font à la chaine, un premier s’occupe de tailler grossièrement la buche, d’en esquisser la forme et un deuxième la parfait un peu plus avec un ciseau à bois, et le troisième la polie à l’aide d’une sorte de marteau en bois. Nous étions impressionnées de leurs dextérités et de leur pouvoir d’imagination, car là où nous ne voyions que des bouts de bois, eux y voyaient déjà la statuette finie.

A la suite de ces trois visites est arrivé le moment de se détendre. Nous leur avions préparé une petite surprise dans un lieu en pleine nature à une petite dizaine de kilomètres. Après une bonne trentaine de minute de pistes, nous sommes arrivées aux eaux de Kilissi, sur un site de baignade près des cascades d’un affluent du fleuve Konkouré. Le site se définit comme écologique et respectueux de l’environnement, il permet donc d’apprécier la nature guinéenne dans tout ce qu’elle a de plus authentique. Nous avons mangé dans une clairière, à l’ombre d’arbres magnifique, dont les lianes nous transposaient dans une atmosphère de jungle. Nous avons pu déguster un poisson à la fraîcheur exceptionnelle, accompagné de riz et d’une délicieuse sauce tomate, en ayant en bruit de fond le tumultueux mouvement de l’eau. Le site bien que peu entretenu invite à la retraite et au repos, et la force des chutes d’eaux permet d’apprécier la richesse hydrologique de la Guinée.

Après ce délicieux repas qui s’est terminé par la touche sucrée d’une salade de mangues et d’ananas, nous avons repris le chemin du retour pour Conakry. Ravies de notre journée, nous nous somme rapidement endormies, bercées par les virages de ces collines montagneuses.