Elhadj bah, le patriarche de Dalaba

Elhadj bah, le patriarche de Dalaba

Elhadj Ibrahima Bah, est le petit-fils du fondateur de la ville de Dalaba. Il est considéré comme le patriarche de la ville. Membre important de la communauté religieuse, il est en charge de la majeure partie des affaires sociales qui s’y déroulent.  

Ses multiples facettes toutes teintées d’humanisme en font un personnage incontournable dans la région. Très soucieux de l’héritage culturel du Fouta-Djalon, et de Dalaba en particulier, il est une source de savoir intarissable concernant les us et coutumes locales, l’histoire, l’artisanat, l’éducation....

Il a notamment rédigé une série d’articles sur les particularités culturelles de la région, telle que le port du « Pouto », bonnets tissés d’origine peulh, ou encore, un article sur le parcours de Louis Auguste Chevalier, fondateur du Jardin Botanique de Dalaba. 

En plus de ce savoir culturel sa riche expérience en tant qu’enseignant est une ressource incontournable pour le développement du secteur de l’éducation guinéenne. Ancien professeur d'histoire et d'éducation civique, il a développé des méthodes d’enseignements en fonction des communautés locales. Il a ainsi participé et œuvré à un bon nombre de réformes dans le domaine éducatif, mettant en place des systèmes alternatifs. L’école du milieu par exemple, se basait sur un enseignement prodigué par les anciens aux plus jeunes afin de leur enseigner les notions de partages, solidarités, etc...

Les centres « NAFA », sont un autre exemple d’écoles adaptées à la vie rurale, autrement appelées école de la seconde chance. Ces centres scolaires et professionnels répartis sur l’ensemble du territoire avaient pour objet d’alphabétiser des jeunes âgés de 10 à 16 ans tout en leur apprenant un métier adapté à leur environnement.
Comme nous le disions précédemment, El Hadj Ibrahima est un homme plein de ressources. Son élégance, sa jovialité et son engagement socio-culturel, forcent l’admiration. Il semble être engagé à l’entretien des hommes et de la Terre.

Lorsque nous lui demandons de décrire le Fouta-Djalon, c’est avant tout de la nature exceptionnelle de ce massif montagneux dont il nous parle. Cette région au climat tempéré abrite de nombreuses forêts, un sol riche, et des rivières à l’eau limpide. Un véritable paradis terrestre au sol exceptionnellement fertile. Il demeure cependant inquiet face à la dégradation de l’environnement et la recrudescence des sécheresses.

A Dalaba, le maraîchage fait entièrement partie du quotidien. Tout le monde entretien son jardin potager. Ces parcelles cultivées, où travaillent ardemment hommes et femmes, en matinée la plupart du temps, participent à cet art de vivre qui transparaît dans l’ensemble de la région.

Ainsi, Elhadj Ibrahima à lui aussi un jardin potager. Soucieux d’une gestion durable de l’environnement, ces parcelles cultivées se situent aux abords d’une rivière qu’il prend soin de reboiser régulièrement.

Lorsque nous demandons à Elhadj Ibrahima, ce qu’il pense du devenir de la culture peulh, il se dit désolé et inquiet de voir cette culture si vertueuse à l'origine car très portée sur la religion et des valeurs tel que le travail, l'honnêteté, le respect du prochain, le partage, s'étioler au profit d’un mode de vie moderne, vide de sens pour les jeunes de la région. C’est la tête bourrée d’illusions nourries par le football, le cinéma américain, la musique occidentale que des milliers de jeunes quittent la région poursuivre des mirages au conséquences souvent funestes.